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Mtsensk et le Loubok

Cette petite ville historique fortifiée a été fondée en 1146. Au XIVe siècle, la ville passe sous le règne des Chevaliers Teutoniques (1320 -1504). A cette époque, Mtsensk est entourée de vallées verdoyantes, de forêts profondes et de lacs de couleur bleu qui s’emparent de notre imagination.

La pêche et la chasse ont de tout temps fourni une ressource essentielle aux habitants de la région. La forteresse médiévale perdra progressivement son intérêt stratégique au XVIIe siècle. Mais cette ville est connue essentiellement grâce au roman "La lady Macbeth de Mtsensk" écrit par Leskov.

Leskov est un fin connaisseur de la vie russe, qui utilise avec virtuosité les expressions et les parlers les plus divers. Il est le créateur d’un grand nombre de personnages remarquables par leurs qualités humaines : Katérina Lvovna ’la lady Macbeth de Mtsensk’, l’astucieux armurier de Toula dit le Gaucher...

Nicolaï Sémionovitch Leskov (1831 - 1895) se révèle l’un des plus extraordinaires écrivain de la littérature russe. Il créé un véritable dialecte poétique comme les anciens contes (skaz) russes. Leskov est un peintre de la Russie profonde dont il nous présente des scènes colorées à la manière des "loubok", ces gravures populaires russes.

Le Loubok, l’imagerie populaire russe

Le loubok, ou les images populaires russes reflètent les goûts esthétiques du peuple, ses notions du bien et du mal, son critère moral et ses normes éthiques. Pour cette raison aucune culture nationale ne peut-être comprise à fond, si l’on ne prend pas en considération le phénomène original qu’est l’art graphique populaire.

De nombreux historiens d’art ont parlé plus d’une fois du caractère foncièrement original et de la haute valeur esthétique du loubok russe. "Dans le grand orchestre des arts populaires internationaux, l’imagerie russe apporte des sonorités et des instruments différents des autres", écrivait Paul Duchartre, critique d’art français, un des premiers vulgarisateurs du loubok russe à l’étranger.

C’est aussi lui qui entreprit la tentative de faire connaître au lecteur européen tout un monde de héros légendaires, de preux intrépides (bogatyrs ou vitèzes), de tsarévitch et de tsarévna, de bouffons et de baladins enjoués (skomorokhi), de petits moujiks cachant sous des apparences souvent niaises un grand fond de malice et de bon sens, de séduisantes beautés, de "fols en Christ" (yourodivy), de monstres et d’esprits forestiers, bref d’un monde "tout parfumé aux
odeurs des steppes et de la forêt russe".


Le Bouffon Farnos Nez rouge - Seconde moitié du XVIIIe siècle

Épreuve tirée dans les années 1760. Gravure sur bois coloriée. 36,5x29 cm. (Rovinski, vol.4, N°209A ; vol.5, P.266-270).

Le bouffon Farnos aurait pour prototype le bouffon de l’impératrice Anna Ioannovna, un italien nommé Pedrillo, violoniste de son état, promu à la cour de Saint-Pétersbourg "Premier fou de Russie". Farnos est dans l’imagerie russe une figure de transition entre les bouffons forains, c’est le futur Pétrouchka du théâtre populaire. L’aspect de Farnos est emprunté à Pulcinella, personnage de la pantomime italienne et de la Commedia dell’Arte, quant à son nom, il le doit à son énorme nez (nos en russe signifie nez). Farnos est farci de plaisanteries scabreuses, le plus souvent scatologiques ; le texte reproduit quelques-unes de ses obscénités.


A la base de toutes les études sur l’imagerie populaire russe se trouve l’œuvre classique de Dimitri Rovinski. Grand voyageur, ce dernier avait pris connaissance de l’imagerie de presque tous les pays européens et orientaux. La description de sa propre collection de loubki (pluriel de loubok en russe), comptant plus de 8000 feuilles, servit de base à un ouvrage fondamental intitulé l’Imagerie populaire russe des XVIIe-XIXe siècles, paru en 1881 à Saint-Pétersbourg.


Le Barbier veut couper la barbe à un vieux croyant Première moitié du XVIIIè siècle

Épreuve tiré dans les années 1770. Gravure sur bois. 38x30 cm.

En 1705, Pierre Ier promulgua un oukase prescrivant à tous ses sujets de s’habiller à l’européenne et à tous les hommes, excepté les paysans et le clergé, de se raser la barbe. Cette ordonnance rencontra une vive opposition, la barbe étant consacrée par la tradition et la règle.

Le loubok représente la scène d’un rasage forcé : un barbier habillé à l’européenne, en perruque et chapeau rond, saisit un homme âgé par la barbe. Cet homme, qui est désigné dans la légende comme un vieux croyant, se rebiffe et dit qu’il va appeler au secours.


Le Chasseur pique l’ours et les chiens le mordent - Première moitié du XVIIIè siècle

Épreuve tirée dans les années 1760. Gravure sur bois coloriée. 32x34,5 cm.

Dans les livres récréatifs des tsars, en usage dans les années 1660-1690, genres d’encyclopédies illustrées et destinées à l’enseignement des enfants des tsars, il y avait des miniatures avec des titres analogues : les chiens mordent l’ours, les chiens dévorent l’ours.

Malheureusement, ces livres récréatifs ne se sont pas conservés, mais on peut s’en faire une idée d’après l’Abécédaire de Karione Istomine publiée à la même époque. On sait que les meilleurs peintres de la cour tels Simon Ouchakov et Fiodor Zoubov participèrent à l’illustration des Livres récréatifs. Dessiné et exécuté dans les traditions de la miniature manuscrite, ce loubok est plus large que haut, ce qui l’assimile aux illustrations en demi-feuille des livres européens.




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