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Photographie de la nouvelle Russie 1990 – 2010

De la photographie russe, on connaît essentiellement les prodigieux travaux avant-gardistes menés par Alexander Rodtchenko, El Lissitzky, Gustav Kloutsis et la revue Lef, sous la forme de photomontages à la gloire du bolchevisme, et de photographies relevant de la Nouvelle Vision, plongées, contre-plongées, plans rapprochés, obliques, fragmentations, etc.

De la photographie russe on connaît essentiellement les prodigieux travaux de l’avant-garde, mais aussi les produits formatés du réalisme socialiste, lorsque Staline prit le pouvoir et liquida toutes les avant-gardes au profit d’un art et d’une photographie dont la seule fonction était de glorifier le régime. Pendant des décennies, ce fut le silence, l’oppression.

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Ce n’est qu’avec la Perestroïka qu’apparut enfin au grand jour un art non officiel, émanant de la culture « underground ». L’individu l’emporta peu à peu sur le collectif, tandis que tout était à réinventer : nouvelles formes, nouvelles thématiques, nouveaux modes d’expositions.

Il devenait urgent de se défaire des vieux oripeaux idéologiques, d’affronter le vrai visage de la Russie et d’en rendre compte par l’image. L’exposition donne à voir la polyphonie et l’extraordinaire vitalité de la photographie russe contemporaine.

Mais aussi, hélas, les produits formatés du réalisme socialiste, lorsque Staline prit le pouvoir et liquida toutes les avant-gardes au profit d’un art et d’une photographie dont la seule fonction était de glorifier le régime et le Petit Père des Peuples.

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plomb, même si on peut imaginer que certains eurent le courage, au risque de leur vie, de résister. Ce n’est qu’avec la Perestroïka, à la fin des années quatre-vingt, qu’apparut enfin au grand jour un art non-officiel, émanant de la culture underground. L’individu l’emporta peu à peu sur le collectif, tandis que tout était à réinventer : nouvelles formes, nouvelles thématiques, nouveaux modes d’expositions, dans les journaux, les galeries, les Biennales, à l’étranger enfin. Il devenait urgent de se défaire des vieux oripeaux idéologiques, d’affronter le vrai visage de la Russie, loin des mirages du communisme dur, loin des discours officiels formatés, et d’en rendre compte par l’image.

Le documentaire – parce qu’il se veut une lecture fidèle de la réalité – fut incontestablement l’une des formes visuelles privilégiées, ainsi que la Street Photography, qui rendait compte, dans une sorte de vivante immédiateté, du flux énergique des villes russes. Citons Alexander Abasa, Yevgeny Kondatov, Yuri Kozyrev, Vladimir Mishukov, Georgy Pervov, Valeri Schchekoldin, Vladimir Siomin, Aleksander Sliusarev, Vladimir Viatkin, Mikhail Yevstafiev, et peut-être surtout Igor Mukhin, qui se montre particulièrement attentif à la dialectique complexe entre les vestiges d’un communisme défunt et l’émergence agressive d’un capitalisme libéral très offensif, de même qu’aux paysages urbains, aux gens, aux visages et aux plus jeunes… Tous s’attachent à décrire et à analyser un pays en proie à des mutations souvent contradictoires.

Mais si la forme documentaire est très puissante dans la photographie russe contemporaine, elle n’exclut pas ce que l’on a pu appeler la « photographie plasticienne », une photographie qui revendique son appartenance à l’histoire de l’art et refuse les cloisonnements académiques. Ainsi en va-t-il de ces artistes qui utilisent le medium photographique bien plus qu’ils ne se disent photographes, tels que Serguei Bratkov, Olga Chernijshova, le groupe Fenso, Vladimir Kuprianov, Vladislav Mamyshev-Monro, Ilia Piganov, Arsen Savadov, et surtout Oleg Kulik ainsi que le groupe AES+F.

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Sur la photo : la Commissaire de l’exposition Olga Sviblova

Oleg Kulik, « l’homme-chien » qui pratique des performances, nu, aboyant, mordant les passants voyageurs, fait éclater la dichotomie humaniste de l’homme et de la bête, pointant avec une agressivité déclarée la sauvagerie naturelle que dissimule notre vernis culturel.

Quant au groupe AES+F, il interroge violemment les représentations naïves de l’enfance, s’insurgeant contre l’innocence présumée des enfants, les renvoyant à la brutalité des jeux vidéos, des guerres et des massacres, dans des photographies et des vidéos à l’esthétique lisse et glacée mais gangrenées par la terreur et l’effroi, les enfants aux visages si purs et aux corps si parfaits s’apprêtant hypnotiquement à s’entretuer comme les pires guerriers de nos guerres futures…

Ainsi le corps, banni par le stalinisme comme toujours susceptible de verser dans la pornographie, fait-il retour dans l’image. Il le fait aussi sous la forme plus « glamour » de la photographie de mode, qui se déploie depuis les années quatre-vingt-dix autour de Vladimir Fridkes, Vladimir Glynin, Mikhail Koroliov, Yevfrosina Lavrukhina, Vlad Loktev, etc.

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Si l’exhaustivité ne saurait être le propos de cette exposition présentée à la MEP, il n’en demeure pas moins que se donnent ici à voir la polyphonie et l’extraordinaire vitalité de la photographie russe contemporaine.

L’exposition, présentée dans le cadre de l’Année France-Russie 2010, est organisée par la Maison de la Photographie de Moscou, avec le soutien du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie et de Cultures France.

La Maison Européenne de la Photographie

Située en plein cœur historique de la capitale, la Maison Européenne de la Photographie a pour mission la conservation et la diffusion de la photographie contemporaine. Elle abrite un grand centre d’expositions, une bibliothèque spécialisée, une vidéothèque, un auditorium, ainsi qu’une très importante collection.

Maison du regard, elle offre à un large public un accès privilégié aux trois supports de diffusion essentiels de la photographie que sont le tirage d’exposition, la page imprimée et le film.

L’hôtel particulier qui abrite la MEP, propriété de la Ville de Paris, a été construit en 1706 au 82 rue François Miron pour Hénault de Cantobre, fermier général. La restauration du bâtiment d’origine et l’adjonction d’une aile moderne, située rue de Fourcy, ont été conçues par le cabinet d’architectes Yves Lion. Les façades sur rue, la ferronnerie ainsi que l’escalier central, représentatifs de l’architecture classique ont été conservés et sont inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.

Distribués sur plusieurs niveaux, les 1.200 mètres carrés d’espaces d’exposition accueillent une programmation qui explore la diversité des usages et des pratiques photographiques contemporaines (du reportage à la photographie plasticienne, en passant par la photographie de mode et documentaire), sans toutefois négliger les ouvertures sur le passé, avec des expositions permettant d’éclairer l’histoire du médium. Misant sur un rythme trimestriel, la MEP a, depuis son ouverture en 1996, présenté plus de 150 expositions, monographiques ou thématiques, et a accueilli plus de 1,5 million de visiteurs.

La collection de photographies de la Maison Européenne de la Photographie est représentative de la création photographique internationale de la fin des années 50 à aujourd’hui. Constituée de plus de vingt mille œuvres, c’est une collection d’auteurs, composée de tirages originaux et de vintages. Elle s’enrichit par des acquisitions, mais aussi par des dons importants, d’artistes ou de mécènes. La MEP est également dotée d’une importante collection de livres de photographies et de films de ou sur des photographes,consultable au sein de sa bibliothèque / vidéothèque.

Entrée visiteurs:

– 5/7 rue de Fourcy – 75004 Paris
– Téléphone: (33) 1 44 78 75 00

Photographie de la nouvelle Russie 1990 – 2010

par | 23 Juin 2010 | 0 commentaires

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