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Le Novitchok, la redoutable arme chimique russe qui a empoisonné Navalny

2 SEPTEMBRE 2020

Le Novitchok, qui a servi à empoisonner l’opposant russe Alexeï Navalny selon le gouvernement allemand, est un groupe d’agents neurotoxiques russes particulièrement dangereux, interdit l’an dernier par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Leur conception par des scientifiques soviétiques remonte aux années 1970-1980, les dernières décennies de la Guerre froide Est-Ouest.

Le Novitchok (groupe qui comprend plusieurs agents toxiques) avait déjà été utilisé en 2018 pour empoisonner l’ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre.

Le Kremlin avait nié toute responsabilité et l’affaire avait provoqué une crise diplomatique. Ces derniers jours, Moscou a assuré n’avoir "aucune preuve" d’un empoisonnement de M. Navalny.

Comme le fameux sarin ou le VX, le Novitchok ("petit nouveau") appartient à la famille des agents innervants, armes chimiques qui agissent sur le système nerveux.

Ces substances ciblent une enzyme appelée acétylcholinestérase, dont le rôle est crucial : c’est elle qui détruit l’acétylcholine, une molécule qui agit sur la contraction des muscles.

Lorsque l’agent innervant bloque cette enzyme, l’acétylcholine s’accumule, ce qui détraque le système nerveux.

Les muscles ne sont plus contrôlés, ce qui provoque des spasmes et peut aboutir à la mort par étouffement.

Les agents Novitchok sont des "agents binaires" : "les substances qui les composent sont transportées séparément, forme sous laquelle elles sont sans danger, et sont ensuite mélangées pour activer le poison. C’est extrêmement toxique", explique le Dr Richard Parsons, spécialiste de toxicologie au King’s College de Londres, cité par l’organisme britannique Science Media Centre.

Ces poisons peuvent être administrés "en pénétrant par la peau, par inhalation ou par ingestion", selon un expert de l’université de Nottingham, le Dr Wayne Carter, également cité par le Science Media Centre.

En novembre dernier, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a ajouté le Novitchok à sa liste des substances interdites, après une décision consensuelle prise par les 193 Etats membres.

Il s’agissait de la première mise à jour de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques depuis son entrée en vigueur en 1997.

Décontamination

Pour combattre les effets des agents innervants, la procédure de soins classique est de stabiliser les fonctions vitales du corps (respiration, battements du coeur).

Parallèlement, il faut administrer au patient de l’atropine, qui bloque les récepteurs de l’acétylcholine pour empêcher son accumulation dans le système nerveux. Le temps, si le traitement fonctionne, de permettre au corps d’évacuer le toxique et de produire à nouveau l’enzyme qu’il ciblait.

Mais même si la personne empoisonnée s’en sort, elle peut garder des séquelles.

En 2018, M. Skripal et sa fille avaient échappé à la mort après un lourd traitement médical. Mais une habitante de la région était morte après s’être aspergée du contenu d’un flacon trouvé par son compagnon, qu’elle pensait être du parfum.

Ce flacon avait sans doute servi à acheminer le Novitchok depuis la Russie, selon les enquêteurs. Le compagnon avait été hospitalisé plusieurs semaines, mais a survécu.

"C’est important de déterminer quand et où le poison a été administré, pour s’assurer que l’agent toxique n’est pas encore présent sur les lieux ou n’a pas été disséminé", selon le Dr Carter.

A Salisbury, le travail de décontamination s’était terminé début 2019, près d’un an après l’empoisonnement de M. Skripal. La maison de l’ancien espion russe était le dernier parmi 12 sites à avoir été minutieusement nettoyé.

L’existence du Novitchok a été révélée au début des années 1990 par le chimiste russe Vil Mirzaïanov. Après avoir travaillé près de 30 ans pour l’Institut de recherches d’Etat pour la Chimie et les Technologies organiques (GNIIOKhT), il est parti vivre aux Etats-Unis en 1995.

"Seuls les Russes" ont mis au point ces agents toxiques, avait-il assuré à l’AFP en mars 2018 au moment de l’affaire Skripal. "Ils les ont gardés et les gardent toujours au secret."


© mercredi 2 septembre 2020
par Russie.net avec AFP

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