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KROUM d’Hanokh Levin, mis en scène Jean Bellorini

Kroum rentre au pays. Il n’a rien vu, rien appris, rien vécu. Il retrouve sa famille, ses amis, tous mécontents de leurs existences minuscules.

Cette comédie « avec deux mariages et deux enterrements » mais sans héros, où les personnages se débattent avec une certaine volupté dans leur compromission, est un matériau de jeu formidable pour la troupe du théâtre russe Alexandrinski.

kroum-02.jpgOn l’a vu la saison dernière avec les œuvres d’Akhmatova, Erdman, Dostoïevski, Tchekhov, Grossman, les personnages des oeuvres russes possèdent un sens aigu de la tragédie douloureuse, de l’exaltation métaphysique et de l’indolence poétique.

Il faut croire que leurs élans, si stupéfiants du point de vue français, sont le fruit d’une psychologie fort éloignée de la nôtre. Leur déraison dépasse bien souvent notre entendement cartésien, notre goût pour l’ordonnancement des concepts et des sentiments.

Alors, que présager d’une rencontre entre un metteur en scène français, Jean Bellorini, et une troupe d’acteurs russes, celle du théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg? Fascination, malentendus, reconnaissance… Sur le plateau, la densité de deux cultures de théâtre.

Il faut alors choisir une matière de travail. Faire le choix d’un auteur israélien, Hanokh Levin, porteur d’une culture toute autre, renommé pour son écriture satirique et son humour noir. Choisir une comédie « avec deux mariages et deux enterrements » mais sans héros, une comédie où les personnages se débattent avec une certaine volupté dans leur compromission. Mécontents de leurs existences minuscules, ils revendiquent comme un dû une médiocrité de confort. Sans s’en donner vraiment les moyens, car tout semble déjà perdu. C’est cette chute qui n’en est pas une – puisqu’ils sont déjà tout au fond –, qui rend leur quête poétique. Par fulgurances, ils touchent alors malgré eux à la beauté.

Nul doute que l’énergie démesurée de « l’âme russe » n’abdiquera jamais devant ces combats sans péril et sans gloire. Il faut parier sur le choc, la révolte, la vie qui s’immisce et se tord pour atteindre la lumière. Faire de l’ectoplasme un héros malgré tout.

« TOUGATI :
Kroum, je veux guérir, je veux guérir ! Ce que j’ai connu jusqu’à présent, ça ne s’appelle pas vivre.
Je me suis juste préparé, je n’ai fait que des projets, non, ça ne s’appelle pas vivre, ça ne s’appelle pas vivre!
 »
Hanokh Levin, Kroum

Dirigée pour la première fois par un metteur en scène français, elle révèle l’humour grinçant et la grâce maladroite de ces êtres laissés pour compte.

Un spectacle de Jean Bellorini

Avec la troupe du Théâtre Alexandrinski (Saint-Pétersbourg) :
Vasilissa Alexéeva Trouda, la bougeotte
Sergey Amossov Takhti, le joyau
Dmitri Belov, Bertoldo
Ivan Efremov Shkitt, le taciturne
Iossif Kochelevitch, le docteur Schibeugen
Maria Kouznetsova, Félicia
Vitali Kovalenko, Kroum l’ectoplasme
Vladimir Lissetski Dulce, époux de Félicia
Dmitri Lyssenkov Tougati, l’affligé
Yulia Martchenko Doupa, la godiche
Marina Roslova, Mère de Kroum
Olessia Sokolova Tswitsa, la tourterelle
et le musicien Michalis Boliakis.

Collaboration artistique Mathieu Coblentz | assistante au metteur en scène Macha Zonina (interprète) | Scénographie Mikhaïl Koukouchkine, Jean Bellorini | Costumes Olga Ouskova, Macha Makeïeff | Traduction russe Marc Sorsky | Traduction française Laurence Sendrowicz

Réservez vos places :

Fnac Spectacles
Francebillet

Du 18 au 28 janvier 2018
du lundi au samedi à 20h – dimanche à 15h30 relâche le mardi
Durée : 1h50 – salle Roger Blin
Spectacle en russe, surtitré en français
Tarifs : 17€ / 28€

KROUM d’Hanokh Levin, mis en scène Jean Bellorini

par | 4 Jan 2018 | 0 commentaires

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