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Décès du chanteur Iossif Kobzon, surnommé le "Sinatra russe"

Jeudi 30 août 2018

Le crooner Iossif Kobzon, idole de la chanson à l’époque soviétique est décédé jeudi à l’âge de 80 ans, a Moscou. Il était aussi un député haut en couleur, placé sur liste noire par l’Union européenne et les Etats-Unis.

Sous les yeux de Staline

Il était surnommé le "Sinatra russe". Né en 1937 dans une famille juive à Donetsk, en Ukraine, Iossif Kobzon a commencé sa carrière à 10 ans en remportant un concours de chant sous les yeux attentifs de Staline. Il se distinguait notamment par son interprétation émouvante des chansons patriotiques.

Vedette incontournable des concerts officiels donnés à l’occasion des grandes fêtes nationales, Iossif Kobzon avait enregistré plus de 1.500 titres. Il détenait aussi le record mondial de 12 concerts en une seule journée et était resté une fois sur scène plus de 13 heures d’affilée.Il a aussi chanté devant les soldats soviétiques en Afghanistan dans les années 1980 ou plus récemment devant les militaires russes à la base aérienne de Hmeimim en Syrie en février 2016.

Un homme politique controversé

Vénéré par des générations de Russes, le chanteur était aussi député à la Douma (chambre basse du Parlement russe) , depuis 1997. Au fil de sa carrière de député, la vedette devient un soutien inconditionnel du président Vladimir Poutine, qu’il propose en 2013 pour le Prix Nobel de la paix dans une lettre envoyée au comité Nobel.

Mais malgré sa célébrité locale, le chanteur est interdit d’entrée dans plusieurs pays occidentaux, notamment depuis 1995 aux Etats-Unis. Iossif Kobzon est soupçonné, selon ses propres termes, de trafic de drogue et d’armes, de posséder "des casinos et des bordels", et "de contrôler la moitié de Moscou".

Le "Sinatra russe" était également sous le coup de sanctions européennes (interdiction d’entrée dans l’UE et gel des avoirs) pour le soutien qu’il affichait résolument aux séparatistes prorusses qui combattent depuis 2014 les forces de Kiev dans l’est de l’Ukraine. Nommé "consul honoraire" de la "République populaire de Donetsk" autoproclamée, où une statue à son effigie a été érigée, Iossif Kobzon s’est illustré en chantant fin 2014 un duo avec son dirigeant, Alexandre Zakhartchenko. Les autorités ukrainiennes ont vu rouge : la légende soviétique est désormais interdite des ondes et d’écran dans son pays natal, avec d’autres artistes russes, qualifiés de "propagandistes" par Kiev.

Une étoile à son nom

Depuis plusieurs années, Iossif Kobzon était malade d’un cancer de la prostate. Le président Poutine a envoyé un message de condoléances à sa famille, a indiqué le site du Kremlin. S’il a disparu du firmament de la chanson russe, Iossif Kobzon continue néanmoins de briller dans le ciel : depuis 1979, son nom a été donné à une étoile, par un scientifique de Crimée, péninsule déchirée comme lui entre l’Ukraine et la Russie.

© vendredi 31 août 2018, par Russie.net avec AFP

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